[lesogres.org] BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?
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BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?

samedi 17 septembre 2005





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COMMUNIQUE du Collectif DOM :

"Le Collectif DOM assigne en justice la marque raciste BANANIA Y’A BON

Le 23 mai 2005, Maître David M. Marty, mandaté par le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais (www.collectifdom.com), a assigné devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre la société NUTRIMAINE propriétaire de marques dont le slogan « Banania Y’a bon » est associé à la représentation d’une personne de couleur noire (initialement un tirailleur sénégalais).

Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais demande l’annulation de ces marques qui sont contraires à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

Ces marques qui jouent de l’image des noirs sans le moindre respect bafouent les personnes de couleur et constituent une humiliation et une blessure qui violent le respect et la dignité de la personne humaine.

Après une première audience tenue le 22 août 2005, le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais retrouvera la société NUTRIMAINE devant le TGI de Nanterre le 26 septembre 2005.

Explications :

La Société NUTRIMAINE, propriétaire de la marque « BANANIA », continue d’utiliser des clichés insultants pour les personnes de couleur noire, en exploitant l’image du tirailleur sénégalais et son fameux slogan « Banania Y’a bon » créés au début du siècle dernier, pour illustrer ses campagnes publicitaires de Boissons chocolatées.

1°)

L’enregistrement de ces marques est régulièrement renouvelé depuis 1925 et celles-ci peuvent être utilisées à tout moment par leur détenteur. De surcroît, l’image du tirailleur sénégalais est encore exploitée. Il suffit de se rendre sur le site “www.telemarket.fr” qui est le site de télécommerce de Monoprix pour le constater. Il est possible pour la somme de 6,40 Euros d’acheter une boîte de 500g du breuvage BANANIA, apposé du dessin de la marque française BANANIA n° 1 366627 et renouvelée le 14 mai 1996. Si la marque enregistrée comporte l’expression “Y’A BON”, en revanche le produit proposé à la vente ne comporte pas quant-à-lui cette l’expression. Ceci veut bien dire qu’il existe un problème d’ordre moral lié à cette expression et que Nutrimaine s’en rend compte.

2°)

Ces marques, bien connues du grand public, véhiculent, notamment auprès des jeunes, une image péjorative, dégradante et raciste des personnes de couleur noire, qu’elles présentent comme peu éduquées, s’exprimant de manière primaire et à peine capables d’aligner trois mots en français.

L’exploitation de ce slogan depuis le début du siècle dernier marque les esprits au point que certaines personnes finissent par assimiler BANANIA à la couleur de peau. Ce martelage déplorable a pu engendrer des invectives blessantes contre les enfants de couleur noire dans les cours d’écoles ou dans la rue. De même cette association d’image et de slogan porte atteinte à la crédibilité d’un demandeur d’emploi face au recruteur bercé par cette image inférieure de l’homme de couleur.

3°)

Le côté passéiste de la représentation des noirs, et le nègre joyeux et niais qui figure encore sur les emballages Banania doit rejoindre le rang du passé et de l’histoire. Il en va de l’évolution et de la structuration même du tissu social français et européen, que nous savons fragiles.

Il n’est aujourd’hui pas pensable de porter en dérision l’image d’un bègue, d’un roux, d’une personne handicapée, d’une personne obèse, d’un homosexuel...

Les publicités mettant en avant une personne obèse sur un plongeoir et qui éclabousse l’entourage ont vécues. La publicité “Couscous Garbit c’est bon comme là-bas dis” avec l’accent pied noir n’est plus vraiment au goût du jour. Michel LEEB imitant un noir primitif dans la jungle, singeant le singe, a supprimé de son répertoire ce type de personnage.

Bref, si toutes ces choses-là existaient autrefois, elles ont eu leur temps. La société et les mentalités ont évoluées, l’humour, lui-même, a évolué.

La marque BANANIA soulève une véritable question sociale : Ainsi le 12 février 1999, les élèves du Lycée de Stenay (55) et du Lycée de Courcelles Chaussy (57) se voient proposer l’exercice de réflexion suivant : “Analyse comparée des affiches de promotion Banania. Tenir compte des dates d’apparition des affiches et du contexte politique qui leur est associé”.

4°)

Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais précise que son intention n’est pas de nuire aux activités de l’entreprise de NUTRIMAINE et ne demande pas l’annulation de la dénomination BANANIA mais bien des marques et représentations qui associent le terme BANANIA avec le dessin du TIRAILLEUR et/ou l’expression Y’A BON.

Car cette liberté d’entreprendre qui en découle ne doit pas pouvoir être exercée au détriment de l’image, si longtemps bafouée, de millions de personnes, Français ou non.

Contact : Patrick KARAM, président du Collectif :

01 43 54 48 43 / 06 12 48 62 32"

http://www.collectifdom.com


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Synoptique du forum

  • fil 1/3 : frankie > BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?
  • fil 2/3 : philippe > BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?
  • fil 3/3 : Visiteur > BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?



  • [^] fil: > BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?
    1er octobre 2005 , par frankie

    Mes meilleurs amis sont noirs des antilles ,je suis blanc et nous nous aimons vraiment sans complexes :c’est ma famille.

    Je crois que le mal vient aussi de cette susceptibilité exacerbée devant des images qu’on peut toujours interprèter librement.Pour moi l’image "BANANIA" peut être sympathique et décontractée et n’offenser personne.Elle valorise et perpétue la mémoire de ces glorieux soldats qui nous ont tous défendus contre la l’agresseur germanique ,et le sourire de sympathie que nous leur rendons est peut-être le plus élégant des hommages.

    Ne soyons pas victimes des idéologies naïves de "luttes de classe" mal digérées ,pas victimes des promotions de l"affrontement qui nous détruisent ,au profit des autres pays :construisons au lieu de revendiquer, soyons humains et fraternels au lieu d’exacerber la haine,laissons les attitudes passéistes et revenchardes au vestiaire des idéologies d’après-guerre,vivons notre vraie vie en hommes fabricant notre présent.

    Les jeunes en ont assez des manipulateurs politiques qui les exploitent en les isolant !

    Les seuls pays où l’esclavage persiste aujourd’hui sont en Afrique et c’est le fait d"africains : c’est sans doute un meilleur combat , mais moins confortable !

    La bagarre inutile "y’a pas bon" !

    [^] fil: > BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?
    24 septembre 2005 , par philippe
    j’approuve sans réserve cette action.mais je serais beaucoup plus virulent.j’ai été EXTREMENT SURPRIS,INCRÉDULE,ET EXTRÉMEMENT CHOQUÉ,lorsque j’ai découvert,il y a presque deux ans,le "personnage-logo""Banania""réactualisé" et son utilisation et sa mise en scène.Je crois qu’on peut assez facilement DÉMONTRER le RACISME présent en analysant succintement les illustrations de ce "personnage".J’ai essayé de commencer mais j’ai accidentellement perdu mon texte.Je trouve que cette affaire est très grave et très importante et pas du tout anodine.Il faut s’en emparer,en discuter,débattre,démontrer,et en faire le maximum de publicité,,,il y a beaucoup à dire et à dénoncer... je vais voir sur le site de cette association s’il y a des analyses,arguments,démonstrations. je trouve vraiment que cette affaire devrait susciter beaucoup de réactions,en particulier sur ce site lesogres ;pour l’instant ça n’est pas le cas...je suis un peu déçu...

    [^] fil: > BANANIA Y’A BON bientôt du passé grâce au Collectif DOM le 26 septembre ?
    17 septembre 2005 , par Visiteur

    Pour Libération, "Les Noirs en France sont assistés" Faire parler une personne pour faire passer des idées racistes : Libération est devenue un journal qui me fait honte.

    http://www.liberation.fr/page.php ?Article=324371

    Trois semaines après l’ouragan qui a dévasté la Nouvelle-Orléans Vent de désespoir chez les Noirs de Louisiane

    Katrina a réveillé la fracture raciale entre les Blancs et les laissés-pour-compte du rêve américain.

    Par Christian LOSSON

    samedi 17 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

    Louisiane envoyé spécial

    Sur les murs, un canevas brodé main interroge : « A combien d’ici est le paradis ? » La question arrache un maigre sourire à Lilly Schaffer, « aussi dévastée que La Nouvelle-Orléans ». Lilly, 70 ans, veut croire qu’il ne s’agit pas que d’un « cauchemar ». Perdue dans un centre catholique décati, où dorment des « évacués », elle a « atterri » à Gramercy, à 50 kilomètres de sa cité ensevelie, comme « Pompéi », dit-elle. Gramercy, bourgade aux pelouses tondues court et à l’épicier aux regards hostiles. Lilly Schaffer, elle, a « échappé au pire » en embarquant ses quatre petits enfants, et ignore toujours où sont ses deux fils. Elle est noire, comme les quarante familles hébergées, comme le vieillard à ses côtés, qui ne dira qu’un mot : « Honte ». Elle raconte sa vie « d’avant », ses 500 dollars mensuels, sa « souffrance » pour boucler les fins de mois, son évacuation alors qu’elle avait de l’eau jusqu’au cou. Elle « garde en elle » les « images des Noirs cloîtrés comme des bêtes pendant quatre jours ». Puis parle de « l’héritage », les discriminations. « Raciale et sociale » : « Tout cela est mélangé depuis longtemps. »

    « Assistés comme en France »

    Dans son dos, Seth, un Blanc qui « gère » le centre, grimace. C’est un gars du coin, qui fait du business dans les piscines et qui s’est battu pour que les « enfants noirs réfugiés » aillent à l’école. Ce « catholique » qui tend la main à « ses prochains », croit « au bon samaritain ». Mais il prévient : « Le problème de ces gens-là, c’est qu’ils sont assistés, comme en France. Ils attendent tout du gouvernement. » Ce genre de sorties, Dorian Browder, une Noire de 48 ans, les connaît « trop bien ». « On est encore esclaves dans nos têtes, résignés, faute d’éducation, c’est tout. Si, au Mississippi ou en Alabama, le racisme peut être encore frontal, ici, il est rampant. Comme un serpent. Venimeux. » Enseignante en littérature à La Nouvelle-Orléans, elle a trouvé refuge dans un motel de Baton Rouge, et s’épanche sur cette « réalité qu’on ne veut pas voir : la fracture raciale » ; doublée, dit-elle, de la « violence sociale ». Une évidence, à ses yeux, maquillée par l’image carte postale de la ville-jazz, mais que l’ouragan Katrina a révélée aux yeux du monde. « Ce qu’on a vu, c’est pas uniquement l’effondrement de digues, c’est l’effondrement du mirage du rêve américain. » A ses côtés, James Ackerson, 55 ans, ancien du Vietnam, acquiesce en silence. Puis raconte : « J’ai attendu trois jours sur le toit de ma baraque, à agiter les mains sous le tourbillon des hélicos. Ils évacuaient en priorité les Blancs du quartier d’à côté. Je me suis vu crever comme un chien. Mon fils m’a sauvé en barque, et conduit à l’hôpital. On m’a parqué dans un coin. J’ai dû voler pour survivre. » Révoltée, écoeurée, Dorian reprend : « Et cette police corrompue, qui a coursé les prétendus pillards au lieu d’évacuer les quartiers ? La propriété de Blancs vaut-elle plus que la vie des Noirs ? » Entre colère et amertume, beaucoup d’Afro-Américains déplacés veulent « mettre à nu » les « plaies de l’Amérique ». « Vous avez vu ce qu’a dit ce salaud de Michael Brown (directeur démissionné de la Fema, la cellule d’urgence fédérale, ndlr), qu’il avait vu des gens dont il "ignorait l’existence" ? On était des zombies, peut-être ? » dit Dorian.

    Mettre le cap au nord

    Elle refait l’histoire des ghettos noirs qui « explosaient sous la criminalité », les flics « payés pour surveiller les beaux quartiers ». Puis sort une coupure d’un journal, où le « sénateur noir » (démocrate, de l’Illinois, ndlr) Barack Obama diagnostique : « Les gens ont été abandonnés bien avant Katrina : avec des écoles bas de gamme, un habitat dégradé, des soins inadéquats... » A l’instar de Reginald Hall, 45 ans, venu à Baton Rouge à l’arrière d’un pick-up de la police. Il gagnait 1 250 dollars comme videur dans une boîte de nuit. Et donnait 750 dollars pour son loyer. « Le plus drôle, c’est que mon proprio m’a déjà appelé : il veut doubler le loyer. » Il ne reviendra pas, comme Dorian, qui veut mettre cap « plein nord » comme beaucoup d’autres. Une poignée de Noirs sont, eux, déjà retournés à La Nouvelle-Orléans.

    « La ville aura toujours besoin d’esclaves »

    Voici Jarvis Matthew, 22 ans, occupé à une tâche dérisoire : nettoyer les rues où la putréfaction règne sous les balcons en fer forgé. Gérant d’un Burger King, il « ne sait même pas combien » il touchera, mais n’a « pas le choix ». Ni d’illusions. « Ils vont tout raser, faire un Disneyland pour touristes, et nous, on fera le sale boulot. » Al Morris ne dit pas autre chose. Mais plus violemment : « La ville aura toujours besoin d’esclaves : conducteur de bus, femmes de chambres, cuistots... » A 67 ans, il a bien tenté de se faire évacuer il y a quinze jours, s’est pointé à deux reprises dans « ces mouroirs pour les pauvres noirs ». « Mais on m’a fouillé à un barrage, comme un trafiquant, les militaires me demandant de me mettre en slip, j’ai préféré rentrer. » Il est né ici. Il y mourra. Il est « déjà mort », lâche-t-il. Sa grand-mère fut esclave dans un champ de coton au Mississippi. Sa mère, morte « trop tôt », n’a pas eu le temps de connaître autre chose que d’« aller au fond du bus, debout », à l’époque de la ségrégation raciale. Lui, musicien, peintre, s’est coltiné « ces Caucasiens (Blancs, ndlr) qui vous parlent d’un côté, vous maudissent de l’autre ».

    Mike Howells, professeur de sciences politiques reconverti en cartomancien de rue, n’a pas vu venir l’ouragan. Mais, activiste local, il a pressenti autre chose, l’exclusion. Entre 1999 et 2005, le nombre de logement sociaux a plongé de « 14 000 à 7 000 ». Il est blanc, et dit : « Pourquoi n’a-t-on pas arrêté de dire que les Blancs [cherchaient des provisions, alors que] les Noirs pillaient ? J’ai vu des mômes de 13 ans voler des bus publics pour évacuer leurs proches. Des héros. » Rien ne changera donc ? Même avec un maire ou un chef de la police noir ? « Des noix de coco : Noirs dehors, Blancs dedans », peste Al Morris.

    Ray Nagin, le maire (noir) de La Nouvelle-Orléans, a reconnu dimanche que « la classe sociale et la race » avaient bien joué un rôle dans « le fiasco de l’évacuation des Afro-Américains ». « Peut-on dire autre chose quand on a vu des Noirs bloqués parce qu’ils ne venaient pas de Jefferson Parish (quartier blanc, ndlr) ? » Lilly Schaffer répond à la question : « Parce que c’est comme ça. ça a toujours été comme ça, ici. »

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