[lesogres.org] Chirac et la prétention inacceptable de l’occident face aux peuples hiérarchisés - Le discours d’un OGRES !? - Réaction d’Aminata Traoré
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Chirac et la prétention inacceptable de l’occident face aux peuples hiérarchisés - Le discours d’un OGRES !? - Réaction d’Aminata Traoré

mardi 20 juin 2006





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Après celui du 10 mai, ce discours du 20 juin marquera encore les esprits par son audace et son aquïté. Dommage que les actes ne suivent jamais les paroles avec lui.

Notez l’étonnante ressemblance avec la démarche, l’idée, le concept, défendus par Les OGRES Utopistes Concrets.

Voir les passages en gras en particulier...

..................

Allocution de M. Jacques Chirac, Président de la République, à l’occasion de l’inauguration du Musée du quai Branly.

Paris - mardi 20 juin 2006

Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies,

Mon cher Kofi ANNAN, merci de votre présence, de ce voyage et de votre volonté d’apporter un hommage des Nations Unies à notre œuvre,

Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, Cher Abdou DIOUF,

Messieurs les Premier ministres,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Et spécialement, vous me permettrez de saluer avec joie et respect la présence de Claude LEVI-STRAUSS. Il est incontestablement l’un des témoignages les plus accomplis de l’intelligence contemporaine, il a apporté beaucoup d’essentiel dans la réflexion qui nous a conduit, notamment, à cette réalisation. Je suis particulièrement heureux que ce théâtre où nous sommes réunis aujourd’hui porte son nom.

C’est pour moi une grande joie et aussi une grande émotion que d’inaugurer aujourd’hui, avec vous, venus du monde entier, le musée du quai Branly. Je vous remercie très cordialement d’avoir répondu à mon invitation car c’est, je le crois, un évènement d’une grande portée culturelle, politique et morale.

Cette nouvelle institution dédiée aux cultures autres sera, pour celles et ceux qui la visiteront, une incomparable expérience esthétique en même temps qu’une leçon d’humanité indispensable à notre temps.

Alors que le monde voit se mêler les nations, comme jamais dans l’histoire, il était nécessaire d’imaginer un lieu original qui rende justice à l’infinie diversité des cultures, un lieu qui manifeste un autre regard sur le génie des peuples et des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.

Au nom de ce sentiment de respect et de reconnaissance, j’ai décidé en 1998, en plein accord avec le Premier ministre, M. Lionel JOSPIN, la création de ce musée. Il s’agissait pour la France de rendre l’hommage qui leur est dû à des peuples auxquels, au fil des âges, l’histoire a trop souvent fait violence. Peuples brutalisés, exterminés par des conquérants avides et brutaux. Peuples humiliés et méprisés, auxquels on allait jusqu’à dénier qu’ils eussent une histoire. Peuples aujourd’hui encore souvent marginalisés, fragilisés, menacés par l’avancée inexorable de la modernité. Peuples qui veulent néanmoins voir leur dignité restaurée et reconnue.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous élaborons, à Genève, une déclaration sur les droits des peuples autochtones, déclaration à laquelle je sais que le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi ANNAN est particulièrement attaché, de même que mon amie, Mme Rigoberta MENCHU TUM, qui participe beaucoup à l’élaboration de cette déclaration. Et c’est dans cet esprit, également que j’avais salué, chère Eliane TOLEDO, l’élection de votre mari à la présidence du Pérou, et je vous demande de lui transmettre mes cordiales amitiés. C’est la raison qui m’avait conduit, Monsieur le Premier ministre, cher Paul OKALIK, à me rendre en 1999 au Nunavut, avec notre ami Jean CHRETIEN.

Au cœur de notre démarche, il y a le refus de l’ethnocentrisme, de cette prétention déraisonnable et inacceptable de l’Occident à porter, en lui seul, le destin de l’humanité. Il y a le rejet de ce faux évolutionnisme qui prétend que certains peuples seraient comme figés à un stade antérieur de l’évolution humaine, que leurs cultures dites "primitives" ne vaudraient que comme objets d’étude pour l’ethnologue ou, au mieux, sources d’inspiration pour l’artiste occidental.

Ce sont là des préjugés absurdes et choquants. Ils doivent être combattus. Car il n’existe pas plus de hiérarchie entre les arts et les cultures qu’il n’existe de hiérarchie entre les peuples. C’est d’abord cette conviction, celle de l’égale dignité des cultures du monde, qui fonde le musée du quai Branly.

Je tiens aujourd’hui à rendre hommage à ses inspirateurs, au premier rang desquels le regretté Jacques KERCHACHE, qui a conçu et voulu ce projet. Avec lui, en 1992, alors qu’on célébrait de toutes parts le cinquième centenaire de la découverte de l’Amérique, nous avions décidé d’organiser à Paris une grande exposition dédiée aux civilisations des Grandes Antilles, et plus particulièrement aux Indiens tainos d’origine arawak, ce peuple qui accueillit Christophe COLOMB sur les rives des Amériques avant d’être anéanti. C’est à Jacques KERCHACHE également que nous devons les salles admirables du pavillon des Sessions au sein même du musée du Louvre.

Je tiens à remercier très chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce musée du quai Branly et qui se sont surpassés pour que tout soit prêt en temps et en heure.

Jean NOUVEL, Gilles CLEMENT et leurs équipes, qui nous offrent un bâtiment à l’architecture pleinement maîtrisée, empreinte de respect pour le visiteur, pour l’environnement, pour les œuvres et pour les cultures dont elles sont issues.

Germain VIATTE et les conservateurs, dont la superbe présentation muséographique croise les parcours et dépasse l’opposition factice entre approche esthétique et approche ethnographique, invitant le visiteur au plaisir de la découverte et de la sensibilité, pour qu’il ouvre son regard et qu’il élargisse son horizon.

Stéphane MARTIN et ses collaborateurs, qui animent cette institution originale et sauront faire d’elle un pôle incontestable d’enseignement, de recherche et de dialogue, un lieu de création contemporaine attestant la vitalité des cultures auxquelles il est dédié. Une vitalité dont témoignent les superbes plafonds aborigènes australiens, et je félicite encore les artistes. Je remercie aussi chaleureusement les représentants du gouvernement australien, qui s’est montré extrêmement dynamique et généreux pour la France.

J’exprime aussi ma profonde gratitude à tous les mécènes qui ont entouré le projet et qui l’ont soutenu avec tant de générosité.

Le musée du quai Branly sera, bien sûr, l’un des plus importants musées dédiés aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, avec une collection de près de 300 000 objets, parmi lesquels des œuvres exceptionnelles qui peuvent figurer au premier rang des créations mondiales, comme ce mât héraldique de Colombie britannique ou la splendide, la superbe sculpture monumentale Djennenke provenant du plateau de Bandiagara au Mali.

Mais il est beaucoup plus qu’un musée. En multipliant les points de vue, il ambitionne de restituer, dans toute leur profondeur et leur complexité, les arts et les civilisations de tous ces continents. Par là, il veut promouvoir, auprès du public le plus large, un autre regard, plus ouvert et plus respectueux, en dissipant les brumes de l’ignorance, de la condescendance ou de l’arrogance qui, dans le passé, ont été si souvent présentes et ont nourri la méfiance, le mépris, le rejet.

Loin des stéréotypes du sauvage ou du primitif, il veut faire comprendre la valeur éminente de ces cultures différentes, parfois englouties, souvent menacées, ces "fleurs fragiles de la différence" qu’évoque Claude LEVI STRAUSS et qu’il faut à tout prix préserver.

Car ces peuples, dits "premiers", sont riches d’intelligence, de culture, d’histoire. Ils sont dépositaires de sagesses ancestrales, d’un imaginaire raffiné, peuplé de mythes merveilleux, de hautes expressions artistiques dont les chefs-d’œuvre n’ont rien à envier aux plus belles productions de l’art occidental.

En montrant qu’il existe d’autres manières d’agir et de penser, d’autres relations entre les êtres, d’autres rapports au monde, le musée du quai Branly célèbre la luxuriante, fascinante et magnifique variété des œuvres de l’homme. Il proclame qu’aucun peuple, aucune nation, aucune civilisation n’épuise ni ne résume le génie humain. Chaque culture l’enrichit de sa part de beauté et de vérité, et c’est seulement dans leurs expressions toujours renouvelées que s’entrevoit l’universel qui nous rassemble.

Cette diversité est un trésor que nous devons plus que jamais préserver. A la faveur de la mondialisation, l’humanité entrevoit, d’un côté, la possibilité de son unité, rêve séculaire des utopistes, devenu aujourd’hui la promesse de notre destin. Mais, dans le même temps, la standardisation gagne du terrain, avec le développement planétaire de la loi du marché. Pourtant, qui ne voit qu’ une mondialisation qui serait aussi une uniformisation, ne ferait qu’exacerber les tensions identitaires, au risque d’allumer des incendies meurtriers ? Qui ne sent une nouvelle exigence éthique, face aux questions si déroutantes que porte le développement rapide des connaissances scientifiques et de nos réalisations technologiques ? Alors que nous tâtonnons, à la recherche d’un modèle de développement qui préserve notre environnement, qui ne cherche un autre regard sur l’homme et sur la nature ?

Tel est aussi l’enjeu de ce musée. Dresser, face à l’emprise terne et menaçante de l’uniformité, la diversité infinie des peuples et des arts. Offrir l’imaginaire, l’inspiration, le rêve contre les tentations du désenchantement. Donner à voir ces interactions, cette collaboration des cultures, décrite, là encore, par Claude LEVI-STRAUSS, qui ne cesse d’entrelacer les fils de l’aventure humaine. Promouvoir, contre l’affrontement des identités et les logiques de l’enfermement et du ghetto, l’exigence du décloisonnement, de l’ouverture et de la compréhension mutuelle. Rassembler toutes celles et tous ceux qui, à travers le monde, s’emploient à faire progresser le dialogue des cultures et des civilisations.

Cette ambition, la France l’a pleinement faite sienne. Elle la porte inlassablement dans les enceintes internationales et au cœur des grands problèmes du monde. Elle la porte avec ardeur et conviction, car elle est conforme à sa vocation, celle d’une nation de tout temps éprise d’universel mais qui, au fil d’une histoire tumultueuse, a appris la valeur de l’altérité.

Mesdames, Messieurs,

Plus que jamais, le destin du monde est là : dans la capacité des peuples à porter les uns sur les autres un regard instruit, à faire dialoguer leurs différences et leurs cultures pour que, dans son infinie diversité, l’humanité se rassemble autour des valeurs qui l’unissent réellement.

Puisse le visiteur qui franchira les portes du musée de ce quai Branly être saisi par l’émotion et l’émerveillement. Puisse-t-il naître à la conscience de ce savoir irremplaçable et devenir à son tour le porteur de ce message, un message de paix, de tolérance et de respect des autres.

Je vous remercie.

source : http://www.elysee.fr/elysee/elysee....

(L’intervention y est disponible en vidéo et en audio)


Réaction de Madame Aminata TRAORE, ancienne Ministre de la culture et du Tourisme du Mali

Musée du Quai Branly

« Ainsi nos œuvres d’art ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour »

Aminata TRAORE

Essayiste et ancienne Ministre de la culture et du Tourisme du Mali

Talents et compétences président donc au tri des candidats africains à l’immigration en France selon la loi Sarkozy dite de « l’immigration choisie » qui a été votée en mai 2006 par l’Assemblée nationale française. Le ministre français de l’Intérieur s’est offert le luxe de venir nous le signifier, en Afrique, en invitant nos gouvernants à jouer le rôle de geôliers de la « racaille » dont la France ne veut plus sur son sol.

Au même moment, du fait du verrouillage de l’axe Maroc/Espagne, après les événements sanglants de Ceuta et Melilla, des candidats africains à l’émigration clandestine, en majorité jeunes, qui tentent de passer par les îles Canaries meurent par centaines, dans l’indifférence générale, au large des côtes mauritaniennes et sénégalaises. L’Europe forteresse, dont la France est l’une des chevilles ouvrières, déploie, en ce moment, une véritable armada contre ces quêteurs de passerelles en vue de les éloigner le plus loin possible de ses frontières.

Les œuvres d’art, qui sont aujourd’hui à l’honneur au Musée du Quai Branly, appartiennent d’abord et avant tout aux peuples déshérités du Mali, du Bénin, de la Guinée, du Niger, du Burkina-Faso, du Cameroun, du Congo...Elles constituent une part substantielle du patrimoine culturel et artistique de ces « sans visa » dont certains sont morts par balles à Ceuta et Melilla et des « sans papiers » qui sont quotidiennement traqués au cœur de l’Europe et, quand ils sont arrêtés, rendus, menottes aux poings à leurs pays d’origine.

Dans ma « Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général », je retiens le Musée du Quai Branly comme l’une des expressions parfaites de ces contradictions, incohérences et paradoxes de la France dans ses rapports à l’Afrique. A l’heure où celui-ci ouvre ses portes au public, je continue de me demander jusqu’où iront les puissants de ce monde dans l’arrogance et le viol de notre imaginaire. Nous sommes invités, aujourd’hui, à célébrer avec l’ancienne puissance coloniale une œuvre architecturale, incontestablement belle, ainsi que notre propre déchéance et la complaisance de ceux qui, acteurs politiques et institutionnels africains, estiment que nos biens culturels sont mieux dans les beaux édifices du Nord que sous nos propres cieux.

Je conteste le fait que l’idée de créer un musée de cette importance puisse naître, non pas d’un examen rigoureux, critique et partagé des rapports entre l’Europe et l’Afrique, l’Asie, l’Amérique et l’Océanie dont les pièces sont originaires, mais de l’amitié d’un Chef d’Etat avec un collectionneur d’œuvre d’art qu’il a rencontré un jour sur une plage de l’île Maurice.

Les trois cent mille pièces que le Musée du Quai Branly abrite constituent un véritable trésor de guerre en raison du mode d’acquisition de certaines d’entre elles et le trafic d’influence auquel celui-ci donne parfois lieu entre la France et les pays dont elles sont originaires. Je ne sais pas comment les transactions se sont opérées du temps de François 1er, de Louis XIV et au XIXième siècle pour les pièces les plus anciennes. Je sais, par contre, qu’en son temps, Catherine Trautman, à l’époque ministre de la culture de la France dont j’étais l’homologue malienne, m’avait demandé d’autoriser l’achat pour le Musée du Quai Branly d’une statuette de Tial appartenant à un collectionneur belge. De peur de participer au blanchiment d’une œuvre d’art qui serait sortie frauduleusement de notre pays, j’ai proposé que la France l’achète (pour la coquette somme de deux cents millions de francs CFA), pour nous la restituer afin que nous puissions ensuite la lui prêter. Je me suis entendue dire, au niveau du Comité d’orientation dont j’étais l’un des membres que l’argent du contribuable français ne pouvait pas être utilisé dans l’acquisition d’une pièce qui reviendrait au Mali. Exclue à partir de ce moment de la négociation, j’ai appris par la suite que l’Etat malien, qui n’a pas de compte à rendre à ses contribuables, a acheté la pièce en question en vue de la prêter au Musée.

Alors, que célèbre-t-on aujourd’hui ? S’agit-il de la sanctuarisation de la passion que le Président des Français a en partage avec son ami disparu ainsi que le talent de l’architecte du Musée ou les droits culturels, économiques, politiques et sociaux des peuples d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie ?

Le Musée du Quai Branly est bâti, de mon point de vue, sur un profond et douloureux paradoxe à partir du moment où la quasi totalité des Africains, des Amérindiens, des Aborigènes d’Australie, dont le talent et la créativité sont célébrés, n’en franchiront jamais le seuil compte tenu de la loi sur l’immigration choisie. Il est vrai que des dispositions sont prises pour que nous puissions consulter les archives via l’Internet. Nos œuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour.

A l’intention de ceux qui voudraient voir le message politique derrière l’esthétique, le dialogue des cultures derrière la beauté des œuvres, je crains que l’on soit loin du compte. Un masque africain sur la place de la République n’est d’aucune utilité face à la honte et à l’humiliation subies par les Africains et les autres peuples pillés dans le cadre d’une certaine coopération au développement.

Bienvenue donc au Musée de l’interpellation qui contribuera - je l’espère - à édifier les opinions publiques française, africaine et mondiale sur l’une des manières dont l’Europe continue de se servir et d’asservir d’autres peuples du monde tout en prétendant le contraire. Pour terminer je voudrais m’adresser, encore une fois, à ces œuvres de l’esprit qui sauront intercéder auprès des opinions publiques pour nous.

« Vous nous manquez terriblement. Notre pays, le Mali et l’Afrique tout entière continuent de subir bien des bouleversements. Aux Dieux des Chrétiens et des Musulmans qui vous ont contesté votre place dans nos cœurs et vos fonctions dans nos sociétés s’est ajouté le Dieu argent. Vous devez en savoir quelque chose au regard des transactions dont certaines nouvelles acquisitions de ce musée ont été l’objet. Il est le moteur du marché dit ‘’libre’’ et ‘’concurrentiel’’ qui est supposé être le paradis sur Terre alors qu’il n’est que gouffre pour l’Afrique.

Appauvris, désemparés et manipulés par des dirigeants convertis au dogme du marché, vos peuples s’en prennent les uns aux autres, s’entretuent ou fuient. Parfois, ils viennent buter contre le long mur de l’indifférence, dont Schengen. N’entendez-vous pas, de plus en plus, les lamentations de ceux et celles qui empruntent la voie terrestre, se perdre dans le Sahara ou se noyer dans les eaux de la Méditerranée ? N’entendez-vous point les cris de ces centaines de naufragés dont des femmes enceintes et des enfants en bas âge ?

Si oui, ne restez pas muettes, ne vous sentez pas impuissantes. Soyez la voix de vos peuples et témoignez pour eux. Rappelez à ceux qui vous veulent tant ici dans leurs musées et aux citoyens français et européens qui les visitent que l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure de l’Afrique est primordiale. Dites-leur surtout que libéré de ce fardeau, du dogme du tout marché qui justifie la tutelle du FMI et de la Banque mondiale, le continent noir redressera la tête et l’échine [1]. »

[1] Aminata TRAORE : Lettre au Président des Français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général, Fayard, 2005.


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  • fil 1/11 : Mézigue rep- Et ce discours sur les lieux mêmes du mépris, de l’arrogance et de l’humiliation bien sur...
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  • fil 11/11 : Visiteur Couper Chirac en deux !



  • [^] fil: rep- Et ce discours sur les lieux mêmes du mépris, de l’arrogance et de l’humiliation bien sur...
    22 juin 2006 , par Mézigue

    Un vieux texte toujours d’actualité :

    "L’humain menacé"

    Par Andre Langaney et Jean Rouch (*)

    Le muséum national d’Histoire naturelle, son musée de l’Homme, le musée national des Arts africains et océaniens et le musée national des Arts et Traditions populaires relèvent d’un même projet - celui du siècle des Lumières - de constituer des collections nationales pour la recherche dans les sciences de la nature et humaines, pour l’enseignement universitaire de ces sciences et pour la communication vers les scolaires et le public de leurs résultats, en particulier par des expositions et des démonstrations de collections. Au musée de l’Homme, ce projet traite le phénomène humain depuis l’origine animale de nos ancêtres jusqu’à la diversité biologique et culturelle des populations et ce qu’elle implique pour nos sociétés. C’est le seul lieu en France présentant l’humain vu par toutes les sciences qui le concernent. La diffusion mondiale, par centaines d’exemplaires, d’une exposition comme " Tous parents, tous différents ", le succès populaire du film ethnographique, ou l’anticipation de quarante ans de la mondialisation de la musique par les recherches de musicologie, ne sont que quelques-uns des témoignages de la pertinence de cette démarche et de la demande publique, médiatique et scolaire à laquelle elle répond.

    Dans ce cadre, l’art est présent, comme une composante intégrée de la vie sociale, des cultures dont on traite - et non de la nôtre. Le malentendu a commencé quand des modes datant de l’époque coloniale et de certains courants artistiques ont vu de l’art et de la valeur marchande dans des objets de culte, des vestiges archéologiques ou des artefacts variés, pourvus d’un sens différent dans leur société d’origine. Le marché de l’art dit " nègre ", puis " primitif ", puis " premier ", par des collectionneurs et commerçants sans scrupules, surtout quand les cours montent, méprise le sens social, religieux ou culturel d’objets que, seules, les sciences humaines peuvent restituer. À condition que leurs sources orales ou écrites n’aient pas été détruites par les voleurs d’objets et les pilleurs de sites archéologiques. Ceux-ci alimentent encore un marché spéculatif où l’ignorance des acheteurs fortunés ou de représentants peu scrupuleux des contribuables permet tous les coups fourrés, de la vente de " faux " à des prix astronomiques par les plus grands négociants jusqu’à une exposition dans l’enceinte du Louvre par les promoteurs de l’éventuel musée du Quai Branly, comportant des pièces pillées au Nigeria.

    Beaucoup de collectionneurs refusent de voir dans les Africains ou les Océaniens d’aujourd’hui les auteurs des formes et des objets dont ils se délectent et les créateurs susceptibles de répondre à leur demande. Ils ont, par leur cécité, encouragé une gigantesque industrie du faux ethnographique et archéologique, dont le talent artistique et technique fait souvent plus beau que l’original et trompe même les datations physiques dans le cas de certains faux archéologiques. Certains collectionneurs cherchent même l’authenticité morbide, comme le sang humain sur la pierre sacrificielle ou la relique d’un objet funéraire. S’agit-il encore d’art ou de perversion ? Face à cela, le pouvoir politique propose de construire un musée qui coûtera plus de deux milliards de francs au contribuable, dont plus de 300 millions en achats non éthiques à des collectionneurs privés, décidés par un comité où les commerçants remplacent les scientifiques. On veut fermer deux musées nationaux, sinon trois, en les privant de tout ou de l’essentiel de leurs collections, même quand celles-ci ne concernent pas le projet. Quatre-vingt-quinze pour cent des collections d’ethnologie du musée de l’Homme se rapportent à la vie quotidienne et n’ont aucun rapport avec l’art. Pourquoi veut-on les prendre et les stocker n’importe où, alors que l’éventuel musée Branly ne sera pas construit avant 2005 et n’en aurait pas l’usage ?

    La grève des musées nationaux, qui a commencé au musée de l’Homme et au MNAAO, n’est pas banale : elle est partie des surveillants, restaurateurs, muséologues, bibliothécaires, chercheurs et étudiants, dont l’outil de travail est menacé sans qu’on leur dise l’avenir des collections nationales dont ils sont responsables et dont, en tant que citoyens, ils se sentent détenteurs parmi d’autres. Ils refusent que les fonctions éducatives et culturelles de leurs établissements soient compromises pour la coûteuse satisfaction de maniaques qui rêvent, pour leur salon, d’objets exotiques dont ils ignorent le sens, mais idolâtrent le prix. Comment ne les rejoindrait-on pas dans ce combat ?

    (*) Respectivement anthropologue et cinéaste.

    [^] fil: rep-
    21 juin 2006 , par Visiteur

    Bravo surtout à des gens comme Lévy-Straus que des gens comme Finkielkraut et consorts DETESTENT ABSOLUMENT : ils trouvent le relativisme culturel REPUGNANT.

    C’est vrai que Chirac aiment pas les odeurs, ne l’oublions pas. Son discours est assez convenu dans une cérémonie de ce genre. Faut pas tout de suite s’émouvoir.

    [^] fil: rep-
    21 juin 2006 , par Visiteur

    Info 2007 sondage

    Dieudonné 109

    Jean Marie Le Pen 101

    [^] fil: rep-
    21 juin 2006 , par Visiteur
    La France a un arrière goût de pisse

    [^] fil: Mangez des pommes !
    21 juin 2006 , par Givenchy

    Des paroles des paroles des paroles Des paroles des paroles et encore des paroles

    Non mais serieux arretez de deconner les mecs ! Apres je sais pas combien de temps dans la vie politique, 40 ans peut etre, et 11 ans de presidence, y’en a encore pour gober un mot de ce que dit Chirac ? LOL ! Eternel victime du 1er VRP de France, arreterez vous un jour de lui acheter ses merdes ?

    Heureusement qu’il prend sa retraite, vous seriez capable de voter pour lui. :D

    [^] fil: CHIRAC DIEUDONNISTE !
    21 juin 2006 , par Visiteur

    Jacques Chirac annonce qu’il soutiendra le candidat Dieudonné à la prochaine présidentielle !

    Il se retrouve en effet totalement dans les grands axes déjà annoncés de son programme.

    D’ores et déjà il appelle les élus chiraquiens à se mobiliser pour envoyer leur promesse de signature à Dieudonné, et permettre ainsi d’inscrire les thèmes qui lui tiennent à coeur dans le débat de campagne.

    En coulisse, il précise que le seul candidat susceptible d’empêcher Nicolas Sarkozy de prendre le pouvoir s’appelle Mbala Mbala...

    [^] fil: Vive Dieudo ! vive les ogres !
    21 juin 2006 , par Visiteur
    Vive Dieudo ! vive les ogres ! à l’occurrence, vos idée inspirent notre classe politique ; peut-être une certaine prise de conscience.

    [^] fil: rep-
    21 juin 2006 , par RANIA

    Soyons positifs

    Effectivement, venant d’un homme parlant du bruit et des odeurs ......celà est assez singulier, mais Monsieur Le Président Jacques Chirac est un homme déconcertant.Commes tous les etres humains d’ailleurs. Mais malgré tout,acceptons cet hommage vibrant qu’il rend à tous ces peuples méprisés, avilis, déshumanisés par un occident arrogant, inhumain, prétentieux !!!!!!!!

    Merci, Mr le Président !!!!!!!! Grace à vous les pierres crient. Et ce qui est singulier c’est que je ne doute pas de votre sincérité, de votre cri du coeur. Si vous pouviez, par cet humanisme qui existe ausi en vous, influer sur les pratiques de notre pays, ou certains hommes sont plus égaux que d’autres .......et ou d’autres sont traités sans respect sans considération à cause leurs origines et couleur de peau !!!!!

    Je vous en serais éternellement reconnaissante et celà effacerait vos manquements, vos abandons .....

    Je vous salue

    Monsieur le président de TOUS les français.

    [^] fil: rep-
    21 juin 2006 , par Olivier.
    On dira ce qu’on voudra ,mais Jacques Chirac dénote par rapport à la médiocrité ambiante.Il est intelligent,il a de la l’allure et la carrure d’un chef d’état.Bien qu’il n’ait pas beaucoup de marge de manoeuvre en politique étrangére,ses prises de position sont souvent courageuses.Cest aussi un homme qui sait rester debout dans la tempête.C’est le dernier grand président de la France,du monde aussi.Désormais,la politique fera dans l’infiniment petit,dans l’infiniment mesquin.

    [^] fil: Epatant !
    21 juin 2006 , par Allain Jules Menye
    J’aime bien cet homme depuis le 1O mai. Quelle transformation ! Une alliance avec Dieudo ?

    [^] fil: Couper Chirac en deux !
    20 juin 2006 , par Visiteur

    Ah la merveilleuse schizophrénie occidentale !

    D’un côté le bruit et l’odeur et de l’autre une vraie connaissance des arts premiers.

    Coupons Chirac en deux et gardons la bonne moitié.

    Mais la quelle est ce ?

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